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Loups-garous : étrange expérience onirique

 
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LEUWAROU


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Masculin Vierge (24aoû-22sep) 鼠 Rat

MessagePosté le: Dim 29 Juin - 08:00 (2008)    Sujet du message: Loups-garous : étrange expérience onirique Répondre en citant

Ce post ne passera probablement pas inaperçu, ce qui vous paraîtra pour le moins évident après avoir pris connaissance de son contenu...


Avant toute chose, je tiens à vous remémorer la thèse du "double astral", consciencieusement développée par Claude Lecouteux dans son étude universitaire "Fées, sorcières et loups-garous au Moyen-Âge" , et également abordée dans l'ouvrage d' Adam Douglas "Loup-garou, qui es-tu ?" .
Selon cette thèse, le mythe du loup-garou, d'essence chamanique, se perd véritablement dans la nuit des temps, et est intimement lié à la croyance au "Double".
D'après cette croyance très ancienne et très largement répandue, le monde onirique (celui des rêves), loin de n'être qu'une simple récréation ou divagation de l'esprit, constitue bel et bien une sorte de monde psychique parallèle, une réalité impalpable, dans une autre dimension que celle qui régit nos existences terrestres et concrètes. Dans certaines circonstances, un être humain peut, volontairement ou non, produire durant son sommeil un "double" (astral), lequel peut alors être vu au même moment en un tout autre endroit par des individus éveillés (phénomène de la bilocation). Ce "double" de la personne endormie peut soit revêtir son apparence habituelle, soit revêtir une apparence modifiée. Et ce "double" peut tout aussi bien ne se manifester que visuellement, de manière intangible et évanescente, que se matérialiser de façon plus concrète en certains cas. Ce principe de la projection d' un "double" peut ainsi apporter une explication plausible à nombre d'observation de "monstres" effectuées par des personnes sincères, ayant correctement interprété leurs visions et n'ayant souffert d'aucune forme d'hallucination.

Après ce petit rappel, venons-en donc aux faits qui me concernent.




La frontière entre le monde onirique et celui de la réalité physique est parfois si floue, si imprécise, que les interactions entre l'un et l'autre peuvent s'avérer pour le moins troublantes, déroutantes.
Ce qui débute incontestablement comme un simple rêve peut insensiblement, sans crier gare, basculer vers une dimension d'autant plus inqiétante qu'elle est généralement insoupçonnée.

Il y a de cela environ quatre ans, dans un appartement rennais, je dormais paisiblement aux côtés de ma compagne d'alors. C'était une nuit ordinaire, faisant suite à une journée tout aussi ordinaire.
A un moment donné, j'ai commencé à vivre un étrange cauchemar. Car il ne s'agissait bien au départ que d'un vulgaire cauchemar, eu égard à d'assez criantes invraisemblances.
Je gravissais une sorte de petite colline nue, au sommet de laquelle se trouvait une unique batisse de plain pied, basse de plafond, relativement étroite et toute en longueur, comme une sorte de longère. Une large ouverture sur l'un de ses murs les plus courts permettait d'y pénètrer, tandis qu'un autre passage similaire s'ouvrait dans le mur opposé, si bien qu'on pouvait ainsi traverser la bâtisse sur toute sa longueur en passant par la "porte", et en avançant tout droit jusqu'à la "sortie".
Compte tenu de sa localisation au sommet d'une petite éminence, on eut dit une sorte de chapelle ou un autre bâtiment religieux désaffecté, à ceci près que la configuration plutôt utilitaire de l'édifice ne ressemblait que fort peu à quelque chose de ce genre.
Parvenu au sommet, j'entrai dans le bâtiment, et constatai aussitôt qu'il s'agissait d'une sorte de taverne, emplie sur toute sa longueur de grandes tables et de bancs de bois brut. Ce mobilier sommaire était disposé perpendiculairement, de chaque côté du "couloir" central qui menait de l'entrée à la sortie, ouvertes à tous les vents.
Peu après je me retrouvai assis seul, à l'extêmité d'une table. Les convives étaient nombreux, et le lieu résonnait du brouhaha incessant, des rires et des éclats de voix que l'on entend généralement dans les établissements fréquentés.
Soudain, le son tout d'abord étouffé et lointain de ce qui ressemblait à une chorale commença à se faire entendre par-dessus tout ce vacarme. D'abord très faible, il semblait venir de l'aval et se rapprochait du sommet, de sorte que son intensité s'imposa à tous lorsque sa source fut parvenue à l'entrée du bâtiment. Le brouhaha faiblit instantanément, les éclats de voix se clairsemèrent, se réduisirent à des murmures, puis cessèrent tout à fait lorsque l'assemblée responsable de ce curieux et lancinant chant collectif entreprit de s'engager dans la bâtisse. Il s'agissait d'une sorte de procession chrétienne, arborant moult bannières et crucifix, qui sur fond de chants religieux entonnés avec force entreprenait la traversée du bâtiment de part en part, en empruntant l'allée centrale au milieu des rangées de tables. Cette manifestation intempestive de bigotterie religieuse, à visées évidemment prosélytes, fut aussitôt percue par moi comme une véritable agression, et le spectacle de cette cohorte de culs bénis et de leurs oriflammes s'avançant au milieu de la grande pièce unique m'inspira un violent sentiment d'hostilité teinté de mépris.
Les processionnaires étaient nombreux, très nombreux, et leur défilé incessant de part et d'autre de l'étrange taverne ne semblait connaître aucune fin.
Pris subitement de frénésie, hilare et sarcastique, je me contentai de les regarder passer devant moi, les balayant de coups d'oeil et de sourires ironiques.
Tout à coup, je distinguai deux êtres qui, au beau milieu de ces pélerins, attirèrent immédiatement mon attention. Il s'agissait de deux jeunes filles brunes de petite taille, qui se ressemblaient curieusement, et qui se mirent toutes deux à soutenir mon regard comme par défi, dès lors que mes yeux croisèrent les leurs. Elles se détachèrent du cortège et vinrent se placer debout face à moi, de l'autre côté de la table à laquelle je m'étais installé. Elles me dévisageaient, souriant de manière mauvaise, leurs yeux sombres luisant de manière plutôt surprenante. On eut dit qu'elles m'avaient "reconnu", qu'elles "savaient" que j'étais de leurs ennemis les plus acharnés, et de mon côté je savais aussi, confusément, à qui j'avais affaire. Je le sentais surtout, pour être plus exact.
Sans un mot, elles se penchèrent toutes deux par-dessus la table jusqu'à ce que leurs visages ne soient plus qu'à quelques centimètres du mien. Et immédiatement, leurs faces commencèrent à changer de manière absolument épouvantable. Leurs yeux se révulsèrent, puis prirent l'aspect d'énormes et d'horribles globes entièrement blancs, comme aveugles, qui semblaient prêts à jaillir de leurs orbites. Leurs traits se distendirent, se frippèrent, et leur peau n'eut bientôt plus aucun arapport avec celle d'un être humain vivant. On eut dit deux mortes-vivantes dans un état de décomposition avancé. Leurs bouches ouvertes et dégoulinant de salive méphitique révélèrent de méchants chicots pointus et irréguliers, tandis qu'elles se mettaient à sussurer de manière étrange des paroles en une langue qui m'était incompréhensible, s'interrompant quelquefois pour éclater d'un rire tout aussi grinçant que leurs voix. Je pris peur. Une peur iraisonnée, primitive, totalement irrationnelle, qui s'empara de moi et s'insinua dans tous les recoins de mon esprit.
Me ressaisissant en dépit de la terreur sauvage que m'inspirait une telle vision, j'ai le souvenir très net de m'être dit alors quelque chose comme "attendez, je vais vous montrer ce dont je suis capable moi aussi" .
Malgré la terreur quasi-insoutenable qui me rongeait, je n'eus plus alors qu'une seule idée : leur inspirer une épouvante encore plus grande que celle qu'elles cherchaient (non sans succès) à m'inspirer. Loin de reculer, j'approchai même davantage mon visage de celui d'une de ces harpies, et je me mis à grogner rageusement, comme le ferait un chien ou un loup en colère, montrant les dents et lui faisant des yeux emplis d'une férocité meurtrière défiant toute description. Faisant place à la seule peur, une rage destructrice et incontrolable envahit rapidement tout mon être, et je n'eus bientôt plus qu'une pensée : tuer ces deux créatures qui osaient me défier de la sorte.
C'est à partir de ce moment précis que la limite entre rêve et réalité devient vraiment ténue.
Face à moi, malgré mon changement rapide d'attitude, elles ne désarmèrent pas, et s'employèrent imperturbablement à poursuivre leurs affreuses simagrées, toujours ponctuées de leurs déplaisants et énigmatiques murmures. Et je répliquais ainsi que je le décris plus haut, la tension et la rage allant crescendo de part et d'autre, en une sauvage surenchère entre les deux parties. De plus en plus animaux, mes grognements commencèrent à se mêler à des sortes d'imprécations que je vociférai malgré moi, comme si elles m'étaient dictées par une source extérieure.
Le réalisme de la situation était particulièrement saisissant, à tel point que je me souviens, en cet instant, m'être quelque peu étonné de mon propre comportement.
Si ces curieuses paroles m'étaient inspirées d'ailleurs, je me soumettais de très bonne grâce au phénomène, car je savais qu'il ne pouvait que favoriser la réalisation du but que je m'étais fixé : opérer une transformation complète devant ces deux monstres femelles, puis les mettre en pièces. Entrecoupés de sourds et menaçants grondements, je prononçais tous ces mots d'une voix caverneuse qui n'a qu'un rapport extrêmement lointain avec ma voix habituelle. Il s'agissait d'une langue qui m'est totalement inconnue, aux sonorités à la fois très cassantes et extrêmement gutturales, et qui ne ressemble à aucune langue humaine, morte ou vivante, dont j'aie connaissance. Je n'en percevais pas la signification, et pourtant je savaisque ce que je vociférais correspondait à des formules construites, que ce n'était pas du charabia improvisé de manière aléatoire.
Une chose, une force était en train de s'insinuer en moi, de me pousser à adopter ce comportement effarant et à émettre ces sons abominables. Si au début je l'avais volontiers acceptée, très vite elle se mit à envahir tout mon être, sans que j'aie aucun moyen de controler le phénomène. Elle envahissait non plus seulement mon esprit, mais aussi mon corps physique, tel un feu ou une bête féroce qui m'aurait dévoré de l'intérieur. De nouveau, j'eus très peur. Peur cette fois de cette entité qui prenait rapidement possession de moi et contre laquelle je ne pouvais pas lutter. Toujours vociférant, je fus pris de violentes convulsions. Une tension extrême commença à se faire sentir dans mon crâne, sur mon visage ainsi que dans tous les membres de mon corps. Je pouvais tout ressentir avec une précision et un réalisme effrayants. Je sentis mon visage se métamorphoser, s'allonger en une gueule lupine garnie de crocs redoutables, dégoulinante de salive, se couvrir de poils. Agité de soubresauts et de tremblements très intenses, je sentis mon corps se modifier, mes os s'allonger ou se raccourcir. Et toujours cette rage folle, infernale, qui obscurcissait mes pensées et qui me faisait craindre, plus que tout, la disparition finale de mon moi au profit de cette bête cauchemardesque que j'étais en train de devenir...

C'est à cet instant critique, alors même que le processus de transformation semblait sur le point de s'achever, que je m'éveillai, le corps inondé de sueurs froides et agité de violents spasmes. Au moment de "transition", juste lors du passage entre le monde onirique et l'état d'éveil, j'ai le souvenir très nets d'avoir continué quelques instants à proférer de mystérieuses paroles en cette étranges langues aux sonorités démoniaques. Près de moi, dans le lit, mon amie avait vraiment pris peur et s'était résolue à m'asséner de violentes bourrades pour m'extirper de mon sommeil.
Elle avait tout vu, tout entendu. Elle avait observé mes convulsions, qui étaient bien réelles, et avait longuement prêté l'oreille à mes incantations gutturales qui l'avaient tout autant inquiétée que moi-même. De surcroit, elle avait observé dans ma physionomie, surtout à l'extrême fin, de subtiles modifications qui avaient achevé de la plonger dans l'angoisse.
Ce rêve, s'il en était bien un au départ, était beaucoup plus que cela dans sa phase finale. Son réalisme stupéfiant dans les pensées et les sensations ressenties, de même que l'atmosphère étrange et les impressions indescriptibles qu'il suscite aujourd'hui encore en moi, m'interdisent de ne le considérer que comme un banal cauchemar. D'autant plus que les effets physiques de cette expérience psychique ont pu être constatés avec effroi. Quelque chose s'est insinué en moi, a cherché a prendre entièrement le contôle de mon être, et y est pratiquement parvenu.

Ce que je pense (et ceci n'est que ma présomption intime, qui n'engage que moi), c'est que cette nuit-là je suis entré par l'intermédiaire du sommeil en contact avec une force obscure, qui a profité du contexte très particulier de mon rêve pour tenter de s'introduire en moi. Je crois qui si mon amie ne m'avait pas brusquement réveillé et si le processus de métamorphose était parvenu à son terme, mon "double" se serait alors projeté je ne sais où sous sa forme garouesque. Il aurait alors pu être aperçu par quelqu'un sous la forme d'une simple apparition visuelle sans substance, ou bien alors aurait même pu se matérialiser (qui sait ?).

Je sais depuis lors que les loups-garous existent bel et bien, et qu'il ne s'agit pas seulement de folklore, d'affabulations ou de fantasmes. Il ne s'agit pas non plus de lycanthropie au sens médical (et rationaliste) du terme. J'ai tout ressenti, avec un réalisme total. Une expérience difficilement descriptible lorsqu'on ne l'a pas vécue soi-même, tant les sensations physiques et mentales qu'elle procure se situent au-dela de toute description. Bien entendu, je ne pourrais vous en apporter la preuve irréfutable d'aucune manière, mais croyez-moi, cette piste du "double astral" est à prendre sérieusement en considération.
Elle explique en grande partie pourquoi tant de gens, jusqu'aux instances les plus officielles, en des contrées si diverses et pendant tant de siècles, ont cru dur comme fer à la réalité de ce phénomène.
Bien sûr, la transformation physique stricto-sensu, c'est de la blague, juste du folklore fantastique. Mais la projection volontaire ou involontaire d'un "double", sous la forme d'une apparition visuelle, pouvant même dans certains cas se matérialiser (?), serait à coup sûr de nature à expliquer nombre de phénomènes étranges si un jour elle était enfin connue et reconnue...
Les chamans ne plaisantent pas lorsqu'ils parlent de leurs voyages dans le "monde des esprits". Il a existé (et il existe encore) des confréries, des ordres, des sociétés plus ou moins secrètes, et même des individus isolés qui sont initiés à ces mystères, sur lesquels se basent leurs activités.


Voila donc pour ce long témoignage, et je vous remercie d'avoir eu la patience de le lire dans son intégralité.



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MessagePosté le: Dim 29 Juin - 08:00 (2008)    Sujet du message: Publicité

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LEUWAROU


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MessagePosté le: Dim 29 Juin - 08:01 (2008)    Sujet du message: Loups-garous : étrange expérience onirique Répondre en citant

En guise d'appendice, deux petites citations particulièrement appropriées :


"D'après mon expérience personnelle, je ne puis douter que l'homme, quand il perd conscience de ses liens avec la terre, séjourne vraiment dans une autre vie incorporelle, dont il ne garde, au réveil, que des souvenirs vagues et confus."

"Oubliez le symbolisme puéril de Freud, vous comprendrez la prodigieuse signification des rêves ."


(H.P. LOVECRAFT)


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HEDDA


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MessagePosté le: Jeu 14 Mar - 03:58 (2013)    Sujet du message: Loups-garous : étrange expérience onirique Répondre en citant

LEUWAROU a écrit:

Les chamans ne plaisantent pas lorsqu'ils parlent de leurs voyages dans le "monde des esprits". Il a existé (et il existe encore) des confréries, des ordres, des sociétés plus ou moins secrètes, et même des individus isolés qui sont initiés à ces mystères, sur lesquels se basent leurs activités.



Est ce que tu pourrais en dire un peu plus sur ces sociétés secrètes? ou si tu as des liens? Ou ne serait ce que citer des noms de ces confréries.
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MessagePosté le: Aujourd’hui à 05:33 (2016)    Sujet du message: Loups-garous : étrange expérience onirique

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